éloquence (d)

Aujourd’hui, je vais vous parler de l’image de la femme renvoyée dans notre société à travers les médias. En effet, cette image est tellement multiple qu’elle peut créer chez des femmes en devenir ou même des femmes accomplies un certain malaise sur leur identité (féminine) et un questionnement sur quelle image renvoyée d’elles-mêmes est la plus appropriée.

Premièrement, j’aimerais faire un constat sur l’égalité homme-femme et la considération de celle-ci, mais également comment cette condition a évolué depuis maintenant plusieurs années. La femme est maintenant à l’égal de l’homme dans nos sociétés, ce qui peut paraitre anodin, mais est en réalité le fruit d’un lent changement des mentalités. Cette égalité n’a pas toujours été facile à revendiquer et des centaines de femmes se sont battues pour que nous puissions porter le jeans et la minijupe, avoir un compte en banque à notre nom, décider de nous marier ou non et avec l’homme de notre choix, voter, avorter, accéder à des professions dites d’hommes, etc. Pour ce qui est de l’égalité salariale, on repassera…

Mais pourtant, cette liberté acquise ne serait-elle pas illusoire ?

En effet, la société nous dicte ce à quoi nous devons tendre, que ce soit en rapport avec notre esthétique, avec notre métier et notre mode de vie ou notre capacité à éduquer (et donc à procréer). Je vais donc commencer par ce diktat de la minceur et de la beauté (en tout cas, l’idée que des gens haut placés dans l’économie se font de la beauté) qu’on nous impose à notre insu. Une femme pour exister doit être belle, c’est en tout cas l’image véhiculée par la publicité, les films et la mode. En effet, toute les images sont retouchées pour faire croire à une image de femme parfaite; une image qui est donc, par définition, impossible à atteindre et qui nous enferme dans des complexes qui ne devraient même pas exister car ils sont fondés sur des fausses idées. Dans les séries ou films à succès, personne ne peut nier que les actrices répondent pratiquement toute à une image de femme mince, avec un teint éclatant et munies de belles dents blanches. Être belle, c’est aussi savoir rester jeune, les marques nous assènent chaque jour avec leur crème anti-âge et leur fond de teint masquant les rides. La vieillesse est mal vue car associée à un relâchement et à arrêt des activités, ce qui est blasphématoire dans une société dans laquelle tout est censé aller vite et dont l’objectif est la croissance en terme d’économie mais aussi en terme qualité de vie. Sur les défilés, les mannequins sont d’une maigreur affolante, et les marques de luxe ne jurent que par des coupes mettant en valeur cette minceur squelettique. Or, même si certaines filles ont une morphologie qui leur permet de ressembler à cette image, la plupart n’ont pas cette caractéristique. Cette idée de canon de beauté amène à des excès, dans la publicité par exemple, la femme n’est plus une femme, mais un moyen utilisé pour vendre une voiture. Cette femme sera donc considérée comme un objet destiné à rendre une marque plus attractive ! Dans ce genre de publicité, la capacité intellectuelle des femmes est souvent niée et le corps féminin est réduit à un instrument de séduction. D’après le sociologue Pierre Bourdieu, « les femmes existent d’abord par et pour le regard des autres, c’est à dire en tant qu’objets accueillants, attrayants, disponibles. On attend d’elles qu’elles soient féminines, c’est-à-dire souriantes, sympathiques, atten­tionnées, soumises, discrètes, retenues, voire effacées. Et la prétendue féminité n’est souvent pas autre chose qu’une forme de complai­sance à l’égard des attentes masculines, réelles ou supposées, notamment en matière d’agrandissement de l’ego ». La publicité utilise donc fréquemment le désir sexuel comme appât pour rendre la marque plus jeune, plus sexy ou encore plus attrayante et donner à l’homme (le public visé) l’envie d’acheter ce produit. Pour convaincre la femme, on utilisera alors une image plus accessible et plus « ordinaire » (cfr. pub nivéa Dove avec des femmes ayant de l’embonpoint). Attention je ne nie pas l’utilisation du corps de l’homme à des fins commerciales, mais cette démarche est beaucoup moins étendue.

Après cette image renvoyée pas très flatteuse, une seconde, cette fois au service de la cause féministe, celle de la femme d’action, la femme d’affaire et sportive. Cette image dans la publicité est associé avec une plastique souvent de rêve pour renforcer cette image de la femme active, mais dans la réalité, et heureusement, il en existe beaucoup. Pour ce qui est de la publicité, prenons l’exemple de celle vantant les bienfaits du Nurofen durant laquelle on voit cette femme avec un job à responsabilités travaillant dur et se concentrant. Ou encore ces pubs pour les serviettes hygiéniques et les savons, la femme y est plus mise à l’honneur pour ce qu’elle est vraiment plutôt que pour ses qualités physiques, un exemple serait le célèbre slogan de L’Oréal « Nous le valons bien ». Pour ce qui est des séries et du cinéma, la femme tient peu souvent le premier rôle dans les blockbusters car ce qui se vend le mieux sont les films d’action ou de superhéros, or la femme, a souvent moins de place dans ce genre de production, par contre, dans le cinéma d’auteur et qui n’est pas financé par de grosses compagnies, la femme semble justement avoir des rôles plus intéressants et moins superficiels. Pour ce qui est des comédies romantiques, soit la femme est vue comme une fille amoureuse et un peu aveugle soit comme un tyran impitoyable qui brise le cœur au pauvre petit garçon, mais quoiqu’il en soit, la femme partage toujours l’affiche avec l’acteur qui lui fait office de partenaire. Pour ce qui est des séries, quand les femmes sont vraiment mises à l’honneur, comme par exemple dans Desperate Housewives, la série est plus destinée à des spectatrices plutôt qu’à des spectateurs, même si des millions d’hommes regardent également. Dans Les Experts, c’est l’homme le chef, celui qui a le plus de responsabilités, l’assistante étant présente pour faire ressortir les faiblesses sentimentales du gros dur… De même dans Dr. House, Prison Break, Hawai 5-0, etc. Bien heureusement, dans le monde dans lequel nous vivons, si les moyens le permettent, une femme peut très bien avoir autant de responsabilités qu’un homme voire plus. De grands exemples sont disponibles à portée de main, Margaret Thatcher, Hillary Clinton, Ségolène Royal, Angela Merkel, Sonia Rykiel,  et toutes ces femmes à la tête d’entreprises importantes qui travaillent peut-être dans l’ombre mais qui sont importantes pour la cause féminine. Elles revendiquent toute leur féminité d’une certaine manière et c’est cette féminité qui est peut-être leur force. Elles voient les choses autrement qu’un homme, ou en tout cas avec une autre sensibilité, elles ressentent et interprètent un propos d’une autre manière, elles ont peut-être une nature moins agressive au départ et cela peut aider dans des débats diplomatiques ou lors de discussions plutôt houleuses. Évidemment, chacun perçoit les choses différemment selon son histoire, son éducation, etc et la réaction d’un homme et d’une femme pourrait être similaire dans une situation donnée mais je trouve que certaines grandes caractéristiques comme celles que je viens de citer méritent d’être notées. Au fond les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars et nos différences existent pour que justement nous soyons si attirés l’un par l’autre.

Enfin, je vais me pencher sur une autre façon de voir la femme dans nos sociétés qui est au départ son rôle primaire, celui de faire des enfants. Dans notre société, une femme qui ne veut pas d’enfants et l’affiche clairement est une femme jugée égoïste pour certains. En effet, elle ne pense qu’à elle et met sa carrière ou sa relation amoureuse en priorité, ce qui est également parfois jugé inapproprié. De plus, des congés maternités sont mis à disposition des nouvelles mamans. Ensuite, le nombre de livres et de conseils destinés aux jeunes mamans est exponentiel. En gros, la société encourage les femmes à avoir des enfants et si par malheur, elles font une faute dans l’éducation donnée, elles seront jugées de mauvaise mère et discriminées. Une femme se doit d’être une mère exemplaire. Idée reprise par les publicitaires qui ont cette manie perverse de présenter leurs produits comme les meilleurs pour l’enfant, or, la pression de la société sur les mères étant parfois tellement forte, elles se sentent parfois simplement destinées à acheter ce produit. Il y a tout de même très peu de mères portées à l’écran, car ce n’est pas quelque chose qui fait rêver, en effet, cela rentre en contradiction avec la première fonction de la femme, être toujours belle et sexy. Or, une mère n’a pas toujours le temps de faire attention à elle comme elle le voudrait et le sein alors représenté comme un objet de désir n’est plus qu’un organe destiné à perpétuer l’espèce.

En conclusion, les médias et la société nous assènent d’images concernant la femme. D’un coté, elle doit être belle (donc mince et jeune) pour assouvir des désirs et avoir des raisonnements intellectuels assez limité, de l’autre, elle doit pouvoir montrer qu’elle est l’égale de l’homme, intelligente pouvant remplacer ce dernier dans ses plus hautes fonctions, et enfin, elle doit être une mère parfaite. Vu sous cet angle, il serait absolument indécent de penser que ces trois fonctions devraient se rassembler pour ne former qu’une seule femme. Et pourtant ! Et pourtant, c’est ce que la société nous donne à toutes comme objectif. Nous nous sommes donc libérées de la « domination » des hommes pour en retrouver une autre, celle d’un idéal impossible à atteindre. En effet, cette image est tellement forte, que l’atteindre est comme une mission pour toute femme (selon la société) mais cet objectif étant impossible à atteindre, cela nous frustre, ou pis, nous désespère et nous enferme dans un cycle vicieux de le perfection infernal. Et des images fabriquées, par les magasines people entre autre, sont là pour nous convaincre que c’est possible. Prenons l’exemple de Victoria Beckham, elle est belle, elle mène une carrière de styliste et de (ex) chanteuse de front et elle est mère de quatre enfants. Le problème avec ce genre d’image c’est qu’elles sont illusoires, on ne sait pas combien de personnes sont là pour l’assister pour garder ses enfants, l’aider à retrouver la ligne après chaque accouchement et l’aider à prendre des décisions importantes dans sa carrière professionnelle. De plus, l’action des femen, qui revendiquent leurs droits seins nus est, je trouve, incompréhensible, elles veulent justement lutter contre les préjugés, la femme objet, etc et elles se montrent à demi nues dans la rue. Cela avait du sens dans les années 60, mais plus maintenant, d’ailleurs, cette phrase illustre bien ma pensée: « Les Femen montrent leurs seins pour le combat féministe, c’est comme si moi j’égorgeais un panda pour protester contre leur extermination. »

Je hais les couples qui me rappellent que je suis seule

A l’approche de la Saint-Valentin, cette fête commerciale à vomir sur les belles et élégantes chaussures de n’importe quelle vendeuse en manque de bons gros chiffres d’affaire et qui profite de ces godiches amoureuses et donc débiles à souhait, je me pose cette question; pourquoi le destin a voulu me rendre insensible à n’importe quelle approche masculine, fut-elle réussie avec brio (avec qui ?).

NON, ce n’est pas un manque de volonté de ma part ! OUI, un manque de sensibilité exacerbé dans mon cas ! Alors à la question: « Et quoi, les Amours ? », je répond tout naturellement va te faire enculer sale chien(ne); en fait non, étant donné mon manque de cran flagrant, je rétorque faiblement: « Oh assez plat pour l’instant« . A noter que le ‘pour l’instant’ est très important, signifie que j’ai soi-disant quelqu’un en vue et donc un tantinet de vie sociale. Et oui, pour les filles comme moi, je n’ai pas la prétention de penser que je suis unique dans ma manière de gérer mes sentiments (humhum), tomber amoureuse relève d’un exploit – pas encore accompli de mon coté – ! Des fois je m’en tracasse quand je vois cette fille qui me fait office de meilleure amie avoir le cœur en papillon tous les trois jours dès qu’un joli garçon lui fait la cour, que ce soit par texto ou en VO mais le plus souvent, j’en suis heureuse… Si les amours procurent passion, elles procurent aussi haine et jalousie. Elles ne sont ni éternelles, ni complétement artificielles. Cette suivante phrase (ou titre du livre de Frédéric Beigbeder) me procure d’ailleurs un immense soulagement quant au futur divorce de chaque parents:

L’amour dure trois ans

Mais pour le moment, comment puis-je juger cette expérience qu’on dit enivrante et fantastique si je ne l’ai pas encore subie ? Je laisse donc les amoureux transits tranquille et m’en vais pester contre cette maudite Saint-Valentin, et donc contre ce capitalisme exacerbé de notre société. Demain, c’est décidé, je dors toute la journée et FUCK THE LOVERS.

En passant

belle

Parfois, je me désole d’avoir 16 ans et parfois, ça me réjouit tellement. Les « grandes personnes » nous considèrent comme des adultes prometteuses dès qu’on s’efforce de paraitre intelligente, comme si nous, adolescentes abruties par les comédies romantiques et la société de consommation, un raisonnement logique ne pourrait nous effleurer l’esprit. A 16 ans, il nous suffit de mettre une jupe pour recevoir des coups de klaxons d’automobilistes en manque de sensation ou de coups d’œils appuyés de l’entraineur de tennis retraité en manque de jambes fermes et sveltes. A 16 ans, on est enviées par les vieilles ménopausées. A 16 ans, on se pense enfermée alors qu’on ne sera plus jamais aussi libérée.

Oui, nous avons, ce que les gens happés par la routine et leurs responsabilités n’ont plus: une vie incertaine, de belles illusions et tout un monde à découvrir, un monde qui nous semble si merveilleux, qu’on n’hésiterait pas à s’y immerger sans aucuns préjugés.